Cette année bien plus que la précédente, la quarante neuvième édition du Super Bowl (Super Bowl XLIX) aura tenue toute ses promesses: du jeu, du suspense, des rebondissements. Si ils seront nombreux à se poser la question pendant encore quelques décennies de savoir pourquoi avec 3 tentatives et 1 yard pour gagner les Seahawks de Seattle auront choisi la passe plutôt que la course, peu se souviendront que sans la réception ultra chanceuse de Jermaine Kearse quelques secondes plus tôt, il n’y aurait sans doute pas eu débat. 

Ce qui ne change pas d’année en année, c’est la ferveur de ce match qui rassemble la population américaine bien plus que ce que n’importe quel homme ou femme politique, que n’importe quel autre sport ne saurait le faire. Chaque année, les audiences pulvérisent les records et il y a fort à parier que celui de 115 millions de téléspectateurs américains de l’an dernier sera battu. 

La France n’est pas en reste puisque le match est diffusé depuis 1985. D’abord grâce à Canal+ puis La Cinq, le service public avait repris le flambeau en 2006 (France 2, France 4) avant que W9 reprenne les rennes de la diffusion gratuite française. Depuis 2010, le match est également disponible sur la payante BeIn Sport. 

Malgré l’heure tardive de diffusion (après minuit), le Super Bowl en France compte lui aussi chaque année des spectateurs de plus en plus nombreux. C’est un jour particulier pour les petits clubs de passionnés comme le notre puisque c’est peut être le seul jour de l’année où notre petit univers de passionnés se confond avec le grand public, le seul jour de l’année où « tout le monde » s’intéresse un peu au Football Américain. Et même si nous avons peu de doute que l’intérêt est suscité autant par le show proposé à la mi-temps que le show proposé par le terrain, il n’empêche qu’à ce moment précis de l’année, des centaines de milliers de français font ce que nous faisons tant de weekends entre Août et Février donc: veiller très tard pour regarder. 

Chaque année, nous espérons que cet engouement médiatique aura des retombées directes sur nos clubs, et « l’effet Super Bowl » a incontestablement un impact sur notre recrutement, qu’il soit fort ou faible, l’impact existe. C’est une aubaine pour ce sport très mineur en France (22 000 licenciés) où les besoins, avant tout humains, sont plus élevés que dans la plupart des autres sports. Une trentaine de joueurs pour avoir une équipe décente, Une demie douzaine d’entraineurs pour les encadrer, des arbitres, des assistants d’arbitres, des médecins, des bénévoles… Sont autant d’indispensables pour que notre sport puisse exister. 

Pourtant, malgré ces nombreuses contraintes, le Football Américain français innove et tente de se faire une place sur la scène internationale. Quelques joueurs français, qu’ils soient formés en France ou pas, sautent le pas et n’hésitent pas à tenter l’aventure du Football Américain aux USA. Richard Tardits a ainsi été le premier joueur français (non formé en France) à intégrer l’équipe universitaire de première division des Georgia Bulldogs via lesquels il a pu être « drafté » en 1989 en NFL avec à la clé 2 saisons chez les New England Patriots. Richard Tardits reste d’ailleurs à ce jour le seul français drafté en NFL et le seul ayant joué en saison régulière. Marc-Angelo Soumah, Philippe Gardent et Sébastien Séjean tenteront de l’imiter mais ces trois joueurs, formés eux en France, ne passeront pas les matchs de pré-saison et les camps NFL et évolueront au mieux dans les « practice squad » (équipes d’entrainement). Le nouvel espoir du Football Américain français s’appelle Anthony Mahoungou: formé au Flash de La Courneuve il vient de donner son accord à l’université de première division Purdue (Indiana) qui lui a offert une bourse sportive. Espérons qu’il pourra profiter de ce cursus pour, par la suite, intégrer la NFL et qu’avec lui ou d’autres on pourra bientôt parler du Super Bowl avec des joueurs français dans les effectifs des finalistes ce qui amènera sans doute encore plus de spectateurs, de passionnés, de joueurs et de bénévoles pour le Football Américain en France. Un peu à la manière des Tariq-Abdul Wahad, Jérôme Moïso et surtout Tony Parker qui ont ouvert la voie des français en NBA (basket-ball). 

On rappelle d’ailleurs au passage que notre club recrute toujours joueurs, cheerleaders, partenaires, bénévoles ou toute personne motivée dans quel domaine que ce soit qui pourrait aider. Quelle que soit votre motivation, nous sommes ouverts à toutes et à tous et nous n’observons aucun critère de sélection, seule la motivation compte, et si notre club n’attirera probablement jamais des millions de téléspectateurs et de sponsors, au moins pouvons nous essayer, avec vous, petit pas par petit pas, de faire au moins du club des Coyotes d’Anzin une structure pérenne et viable qui propose le Football Américain pour encore longtemps et pendant les 364 jours de l’année où la majorité des français ne s’y intéresse pas.